Un autre photographe me présente

Flenn se définit lui-même comme celui qui est présent et qu'on ne voit pas sur les photographies qu'il aime à faire, il est "on", dont la traduction arabe est justement son pseudonyme.
Il aime à immobiliser les regards, les expressions des enfants, des jeunes filles, des femmes et des vieillards. Il aime à se mirer ainsi en eux pour se sentir exister, tout comme il le fait aussi en explorant d'autres sujets photographiques comme les insectes, les plantes , les animaux et les paysages.
Tour à tour metteur en scène, observateur et public, il est l'individu (autre sens de Flenn) qui structure par son absence et dans l'objectif duquel les modèles aiment à s'exprimer en lui proposant des sujets ou en jouant les siens.

Voilà ce que je peux dire de moi

Je suis né en février 1949, à Calais.
Mon premier déclic photographique a été celui de l'appareil de mon père dès mes premiers jours, puis l'odeur des produits de son labo avec la magie de l'image latente qui apparaît dans le révélateur baignée de rouge par la lumière inactinique.
En ce qui concerne les africains, je suis tombé fou amoureux de la peau noire avec ma rencontre, un jour de juin 1953 (ou 54), avec un étudiant congolais alors que j'étais dans les bras de ma mère, les reflets de la lumière et la texture de cette peau m'ont fait penser à un tissu précieux, de soie naturelle.
D'autres rencontres m'ont fait poursuivre dans la photo et dans la recherche d'Afrique dans ma vie... Puisque lumière et peau noire m'avaient séduit, il était évident qu'au cours de mes 12 années passées sur ce continent, entre Mauritanie et Côte d'Ivoire, j'allais continuer à capter les regards, les animaux, les plantes, les paysages des lieux où je vivais ou que je visitais.
Depuis quelques années, je recherche la complicité de modèles, en particulier africaines, métisses pour des projets photographiques où nous pouvons mettre en scène nos inspirations communes ou complémentaires... mais je reste le "on" (Flenn en arabe) qui est là et qu'on ne voit pas.
Depuis 2005, avec mon ami Michel Castan, nous nous lançons dans la création d'un collectif de photographes et de modèles, que nous avons baptisé "Elles et Eux" afin de bien montrer l'importance de la créativité des deux pôles, modèle et photographe, dans l'élaboration d'une image qui, même si elle n'est pas toujours académique et accessible, est issue d'une collaboration, d'un échange entre personnalités à l'indispensable complémentarité.